Monsieur le Ministre,
Malgré les puissantes mobilisations unitaires et interprofessionnelles du printemps et des mois de septembre, octobre et novembre et le
rejet massif par l’opinion du projet gouvernemental de réforme des retraites, le gouvernement auquel vous appartenez campe sur ses positions, avec l’appui du Medef :
- Sur les retraites, avec le passage en force de la loi portant réforme des retraites contre l’avis de l’écrasante majorité de la population.
- Sur les salaires, le gouvernement a décidé le gel du point d’indice et ne règle en rien le contentieux accumulé depuis 2000.
- Sur l’emploi, c’est la poursuite d’une politique effrénée de suppression de postes, détériorant les conditions de travail et mettant en péril la qualité du service public
rendu, alors même que la porte de la titularisation et de la résorption de la précarité est, a priori, entrouverte.
- Sur la suppression de la taxe professionnelle et la réforme des collectivités territoriales, le gouvernement a décidé de porter un coup majeur au service public local et à
la Fonction publique territoriale.
Plus largement, pour notre organisation, les politiques d’austérité décidées en France et dans la plupart des pays européens sont inacceptables, mettent à mal la cohésion sociale, frappent les plus fragiles, risquent d’entraîner une nouvelle baisse de l’activité économique, un accroissement du chômage et de rendre impossible la réduction des déficits.
Il faut combattre le dumping social en renforçant le socle social européen, en particulier avec la mise en place d’un salaire minimum dans chacun des Etats membres. L’Union européenne doit garantir les droits sociaux fondamentaux face aux règles du marché et de la concurrence. Il faut donner les moyens à des services publics de qualité de jouer tout leur rôle. L’harmonisation de la fiscalité des entreprises est une nécessité urgente.
Dans le cadre de la journée de mobilisation de la CES "Non à l’austérité, priorité à l’emploi et à la croissance en Europe", notre Fédération a décidé de mettre à la disposition des personnels des services publics territoriaux un préavis de grève leur permettant de décider des formes à donner à cette nouvelle étape de mobilisation.
En conséquence, la Fédération CGT des Services Publics dépose un préavis de grève de 00h à 24h concernant l’ensemble des agents des services publics territoriaux pour le mercredi 15 décembre 2010, pour la satisfaction des revendications suivantes :
- Pour tous, privé et public, le droit à la retraite à 60 ans à 75 % pour une carrière complète, avec une meilleure prise en compte de la pénibilité et aucune pension inférieure au SMIC
revendiqué par la CGT.
- Un financement mettant fortement à contribution les profits et les hauts revenus.
- Le maintien et l’amélioration du Code des Pensions, de la CNRACL et de l’IRCANTEC.
- Des augmentations salariales assises sur la valeur du point, permettant le rattrapage des pertes subies depuis des années.
- Un plan de titularisation, la résorption de la précarité, une limitation stricte du recours au non titulariat.
- Un financement des politiques publiques permettant de répondre aux besoins de la population et à l’intérêt général, ce qui implique le refus de tout gel.
- L’abandon de la réforme actuelle des collectivités locales
- Une réforme de leur financement fondée sur la solidarité entre territoires et garantissant l’égalité d’accès aux services publics.
Nous vous prions d’agréer, Monsieur le Ministre, l’expression de nos respectueuses salutations.
Pour la Fédération CGT des Services Publics
Baptiste TALBOT,
Secrétaire général
Préavis adressé le 7 décembre 2010 à :
Monsieur François BAROIN
Ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction Publique et de la réforme de l’Etat
139, rue de Bercy
75572 PARIS CEDEX 12
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